FamilyMart et Decathlon font tous deux appel à KiWi New Energy : des modèles d’IA pour intégrer l’électricité verte aux opérations quotidiennes
Alors que les énergies renouvelables se développent rapidement, des magasins de détail aux marques internationales, l’IA devient l’outil clé pour surmonter les obstacles à la répartition, au pilotage et à la gouvernance de l’électricité verte, afin que chaque kWh entre réellement dans les opérations quotidiennes et crée des bénéfices quantifiables de décarbonation.

Alors que la transition énergétique mondiale aborde progressivement ses défis les plus profonds, le développement rapide des applications d’IA continue de faire croître la demande d’électricité. La gestion efficace de l’énergie devient ainsi la clé d’une nouvelle phase de concurrence. Dans ce contexte, KiWi New Energy a organisé le 20 janvier la « Conférence des développeurs d’énergie verte par l’IA 2026 », dévoilant pour la première fois publiquement son plan global de déploiement d’un « cerveau énergétique ». Steve Huang (Huang Weizhe), fondateur et PDG de KiWi New Energy, a souligné qu’avec la croissance rapide de la capacité renouvelable installée, la concurrence ne porte plus seulement sur celui qui « produit davantage », mais sur celui qui peut « calculer l’électricité plus précisément, la répartir plus instantanément et l’utiliser plus efficacement ».
« Notre avantage est de calculer plus précisément et davantage en temps réel que les autres. » Dans son discours, Huang a évoqué son expérience chez NVIDIA, en la reliant à l’idée qu’une entreprise ne peut s’établir durablement sur son marché que si elle a construit un véritable « rempart technologique ».
Il a affirmé sans détour que les services énergétiques fondés sur une plateforme doivent disposer d’une puissance de calcul évolutive et de mécanismes de décision en temps réel pour aller loin, afin que l’énergie puisse être analysée, prévue et même échangée comme des données. KiWi New Energy utilise l’IA pour intégrer l’électricité verte côté offre, le stockage derrière le compteur et les comportements de consommation, créant un « système d’exploitation énergétique » pilotable en temps réel.
Construire un cerveau de calcul énergétique pour faire de « chaque kWh » un actif intelligent
Dans son intervention, Li Chenfan, directeur des opérations de KiWi New Energy, a cité les statistiques de l’Administration de l’énergie : en octobre 2025, la capacité renouvelable installée de Taïwan atteignait 22 350 MW, pour une production annuelle d’environ 28.9 milliards de kWh, en croissance à deux chiffres. En bénéfices carbone, cela représente une réduction annuelle d’environ 1.21 million de tonnes de dioxyde de carbone.
Face à l’expansion continue des infrastructures d’énergie verte, Li a souligné que l’enjeu n’est plus simplement de construire une centrale de plus, mais de transformer une électricité verte auparavant décentralisée en services commercialisables, précisément appariables, traçables et ajustables en temps réel.
Il a également mis en évidence les difficultés de la structure actuelle du marché. D’abord, les flux d’électricité verte à Taïwan sont très concentrés : près de 90% sont absorbés par les grandes entreprises technologiques, les chaînes de distribution représentent environ 7%, et les PME ainsi que les particuliers totalisent moins de 1%. Ensuite, une autre contradiction apparaît du côté de l’offre : certains développeurs disposent d’électricité excédentaire mais peinent à trouver des acheteurs adaptés, en raison de capacités contractuelles à long terme limitées et de fortes fluctuations de prix. Il en résulte un déséquilibre structurel : « avoir de l’électricité sans pouvoir la vendre, vouloir en acheter sans pouvoir en obtenir ».
KiWi New Energy se positionne donc comme une « plateforme d’échange d’énergie verte et de gestion énergétique fondée sur l’IA ». Son cœur n’est ni un achat ponctuel ni des mesures isolées d’économie d’énergie, mais l’apprentissage par modèles des profils de consommation de différents types d’activités, afin d’apparier l’offre et la demande, de planifier les stratégies de stockage et d’optimiser les périodes d’utilisation, pour affecter l’électricité verte là où elle est la plus nécessaire. Huang y voit l’avantage concurrentiel central de KiWi New Energy : transformer des problèmes électriques complexes en modèles calculables et décisionnels, rendant « chaque kWh plus intelligent ».
De FamilyMart à Decathlon : une utilisation précise de l’électricité verte réduit les émissions de 474 tonnes
La croissance de KiWi New Energy n’est pas une aventure solitaire : elle repose sur un écosystème de coopération intersectorielle. Li a indiqué que les partenaires actuels couvrent neuf grands secteurs, dont les chaînes de distribution, les groupes de restauration et les immeubles de bureaux commerciaux, les collaborations avec FamilyMart et Decathlon attirant le plus d’attention.
Prenons FamilyMart : depuis l’introduction du système de KiWi New Energy dans un premier groupe de 100 magasins en 2024, l’efficacité énergétique moyenne des magasins s’est améliorée de 6-8% grâce à la gestion intelligente et à l’optimisation électrique. En novembre 2025, la couverture globale de FamilyMart en électricité verte dépassait 10%, avec une extension à 1 200 magasins avant la fin de 2025 et un objectif cumulé de plus de 3 000 magasins d’ici fin 2026. À mesure que le déploiement s’étend, l’objectif est d’atteindre 7 200 magasins d’ici 2050, jetant les bases d’une transition énergétique complète.
« Nous pouvons calculer précisément quels magasins ont besoin d’un Tesla Powerwall 2, lesquels en nécessitent trois, et même lesquels n’en ont réellement pas besoin », a expliqué Huang. KiWi New Energy ne se contente pas d’acheter et de vendre de l’électricité verte : l’entreprise la répartit en temps réel et la régule intelligemment. Lorsque le parc atteint des milliers de magasins et que la consommation est décomptée toutes les 15 minutes, la plateforme doit déterminer instantanément quels magasins présentent une consommation « virtuelle » ou un risque de dépasser leur puissance souscrite. Elle intègre alors les ressources dispersées d’énergie verte et de stockage en un « portefeuille énergétique pilotable en temps réel » pour maximiser l’efficacité.
Par rapport au déploiement point par point chez FamilyMart, la collaboration de KiWi New Energy avec Decathlon ressemble davantage à une « expérience reproductible ». KiWi réunit la gestion énergétique par l’IA, la traçabilité des REC (certificats d’énergie renouvelable) et diverses sources renouvelables dans une solution complète, permettant aux marques internationales de s’implanter concrètement à Taïwan avec les conditions nécessaires à leur expansion.
Decathlon a désormais intégralement déployé le système KiWi dans ses 8 principaux magasins taïwanais dotés de compteurs indépendants, avec une utilisation officielle d’électricité verte depuis mars 2025. La part actuelle d’énergie renouvelable atteint 70%, un niveau élevé encore rare dans la distribution.
Decathlon prévoit également de construire du solaire photovoltaïque sur le toit de son siège de Nantun à Taichung à partir de 2026, associé à des équipements de stockage et à la régulation de l’effacement de la demande. Le dispositif s’étendra progressivement aux magasins, à la logistique et aux entrepôts, pour progresser vers l’objectif RE100 dans tout Taïwan d’ici 2030. KiWi New Energy a en outre calculé que chaque million de kWh supplémentaire d’électricité verte utilisé apporte environ 474 tonnes de réduction en équivalent CO2, fournissant aux entreprises une base précise et quantifiable pour le Scope 2 et la décarbonation de la chaîne d’approvisionnement.
En expliquant la stratégie de coopération, Huang a précisé que KiWi New Energy ne cible pas les clients qui « traitent l’énergie verte comme un KPI », mais les sites soumis à une véritable pression quotidienne sur leur consommation et nécessitant un pilotage en temps réel. C’est précisément parce que les points de vente et de restauration sont dispersés, que les décomptes sont fréquents et que les profils de consommation varient fortement que l’appariement précis par l’IA et la régulation en temps réel démontrent leur valeur, transformant l’électricité verte de chiffres dans un rapport en ressources perceptibles dans les opérations.
L’électricité verte ne manque pas : pourquoi ne pouvons-nous pas l’acheter ? Trois obstacles
Malgré la croissance continue de l’offre renouvelable, Li a déclaré sans détour que le passage de l’électricité verte d’un « produit acheté par quelques grandes entreprises » à une « option quotidienne pour la majorité des utilisateurs » reste bloqué par trois obstacles majeurs.
Le premier est la concentration excessive du marché. Les flux d’électricité verte dépendent actuellement fortement d’un petit nombre de grandes entreprises, laissant durablement les PME et les particuliers dans une situation où ils « veulent l’utiliser sans pouvoir l’acheter ». Pour les développeurs, une clientèle trop uniforme signifie davantage de pression dans les négociations et de risques de fluctuation des prix, privant le marché global de souplesse.
Le deuxième est le décalage entre les seuils de transaction et les structures de coûts. Les échanges traditionnels d’électricité verte exigent souvent de gros volumes contractuels et un pouvoir de négociation important. Même volontaires, les petits et moyens utilisateurs ont du mal à entrer réellement sur le marché. Li a souligné que, compte tenu du nombre d’entreprises et d’utilisateurs résidentiels et commerciaux taïwanais, le marché potentiel accessible dépasse largement l’utilisation actuelle. Pourtant, ceux qui adoptent réellement la tarification horaire et disposent des conditions d’une gestion fondée sur les données restent minoritaires. Cela montre que ce marché encore naissant manque d’un acteur clé capable d’intégrer efficacement offre et demande.
Le troisième est le défi technologique du calcul et du pilotage en temps réel. Prenant l’exemple d’un décompte par intervalles de 15 minutes, Huang a expliqué qu’un seul utilisateur génère 2 880 points de données de consommation par mois. Lorsqu’une plateforme dessert simultanément des milliers de sites, les données à traiter et analyser en temps réel s’accumulent rapidement par millions, mettant fortement à l’épreuve le calcul et la vitesse de réaction du système.
Huang a indiqué qu’à cette échelle, les plateformes énergétiques ne peuvent pas compter uniquement sur le cloud : elles doivent évoluer vers une architecture d’« intégration cloud-edge ». Une partie de l’analyse et des décisions est exécutée instantanément en périphérie, tandis que le cloud assure l’apprentissage des modèles à plus grande échelle et les décisions coordonnées. KiWi New Energy déploie donc parallèlement des infrastructures capables de prendre en charge les calculs d’IA énergétique et évalue la construction d’un centre de données spécialisé dans l’énergie pour répondre à de futurs besoins de traitement électrique à plus grande échelle.
Huang a aussi révélé que NVIDIA avait commencé à planifier ses initiatives « AI Energy » dès cinq ans auparavant. L’une des orientations centrales consiste à rapprocher l’IA de la périphérie du réseau, pour que des équipements comme les compteurs intelligents puissent calculer et prévoir localement en temps réel, aidant les réseaux régionaux à équilibrer l’offre et la demande et à prendre des décisions de pilotage. Cela confirme également la tendance future des systèmes énergétiques vers l’intelligence et la décentralisation.
Sortir de l’impasse de l’électricité verte décentralisée : construire une plateforme ouverte intégrant production et consommation
Face aux blocages structurels du marché de l’électricité verte, KiWi New Energy a choisi une « plateforme ouverte » comme solution centrale. Huang a expliqué que l’entreprise ne veut pas devenir un groupe énergétique universel prenant en charge production, vente et ingénierie. Elle souhaite plutôt jouer le rôle de « cerveau énergétique ». Grâce aux mécanismes de la plateforme, producteurs, fournisseurs, intégrateurs de systèmes et consommateurs peuvent tous réaliser l’appariement, la gestion et le pilotage en temps réel dans un même système, chacun valorisant ses compétences.
Dans cette architecture, KiWi New Energy a engagé une intégration API et une coopération technique avec Tesla Energy, permettant au stockage derrière le compteur, au secours en temps réel et aux futurs services d’effacement de la demande de changer d’échelle et de s’étendre. Huang a déclaré que, sur le plan international, KiWi New Energy estime que le marché mondial des échanges d’électricité verte devrait dépasser $200 milliards d’ici 2030, dont environ $30 milliards de demande d’entreprises aux importants besoins électriques incompressibles. En capter seulement 10% représente un potentiel de croissance de plusieurs milliards de dollars.
En conclusion, Huang a affirmé que l’électricité verte ne pourra réellement entrer dans les opérations quotidiennes et les usages de la vie courante que lorsque l’énergie pourra être analysée en temps réel, prévue précisément et échangée efficacement comme des données. « KiWi Making every kWh more intelligent » n’est pas seulement un slogan : il traduit l’espoir qu’une plateforme d’IA fasse évoluer l’électricité verte, aujourd’hui réservée à quelques grandes entreprises, vers un écosystème auquel la distribution, les PME et même les foyers ordinaires puissent participer.
Référence : cet article est reproduit avec l’autorisation de « ESG Global Views ». Le titre original « KiWi fait entrer l’électricité verte dans les opérations quotidiennes et construit des modèles de décision électrique avec l’IA » n’est pas soumis aux conditions des licences CC Creative Commons. Source : Environmental Information Center.
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